Cabinet Virginie Doré
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Croyances, spiritualité et thérapies :
Pourquoi tout mélanger met en danger ?
Introduction :
La laïcité et les pratiques d’accompagnement en France, Une clarification essentielle.
Clarifier pour protéger !
Séparer les croyances personnelles de la pratique thérapeutique ne signifie ni nier le subtil de la vie, ni rejeter les différentes dimensions de l’existence.
Il ne s’agit pas de réduire l’humain à une mécanique froide, ni de nier la profondeur de l’expérience vécue.
En revanche, la responsabilité du thérapeute existe bel et bien, même lorsqu’il n’est pas médecin.
L’accompagnement d’une personne dans un espace de soin engage l’intégrité physique, psychique et émotionnelle de la personne qui vient consulter.
Et cette responsabilité s’inscrit dans un cadre fondamental que l’on oublie trop souvent :
Nous exerçons en France, un pays laïque.
La laïcité n’est pas une opinion, ni une posture idéologique.
C’est un principe structurant de la République, inscrit dans la loi de 1905, et constamment réaffirmé dans le droit français.
Ce que dit la laïcité française :
La laïcité repose sur trois piliers essentiels :
-
La liberté de conscience,
-
La neutralité de l’État et des institutions,
-
L’égalité de traitement de toutes les personnes, quelles que soient leurs convictions.
Dans les relations d’autorité, de soin, d’éducation ou d’accompagnement, les convictions personnelles ne doivent ni être imposées, ni devenir une variable implicite de la relation et du soin.
Autrement dit :
-
La croyance relève de la sphère intime,
-
Elle n’a pas vocation à structurer un cadre de soin ou d’accompagnement
-
Ni d’être une variable de prise en charge
Or aujourd’hui, La pensée dominante new-âge et les discours qui vont avec, polluent les espaces de soins et d’accompagnement et échappent à toute vigilance éthique.
Pire encore : Ces discours deviennent un critère de légitimité, comme si un vocabulaire spirituel ésotérisé suffisait à fonder et à assoir les compétences du thérapeute.
C’est précisément là que se situe le problème.
Or la laïcité ne restreint pas :
-
Elle protège la personne accompagnée
-
Elle protège le professionnel sérieux,
-
Elle garantit la liberté réelle de choix
Elle assure une neutralité, un respect et une égalité de traitement indispensables dans toute relation d’accompagnement.
Il est donc temps de cesser de tout mélanger et de retrouver un peu de sens commun !
Quand la croyance devient absurde :
Exemple concret :
Imaginons une situation simple.
Votre enfant de 4 ans à une bronchite avec fièvre, une infection pulmonaire qui nécessite un traitement antibiotique.
Vous consultez un médecin, et celui-ci vous dit :
« Allongez-le sur la table d’examen. Je vais faire une prière, brûler de la sauge, invoquer une énergie, et tout ira mieux. »
Même pour une personne se disant « ouverte spirituellement », une telle situation serait inacceptable et inquiétante.
Pourquoi ? :
Parce que le cadre médical est clair, défini, sécurisé.
Parce qu’il garantit la protection du patient et la qualité de la prise en charge.
Bien sur la question ici n’est pas de comparer les thérapeutes aux médecins
cependant on peut tout de même se poser la question suivante :
Pourquoi tolérer dans certains espaces d’accompagnement et de soins ce que nous refuserions immédiatement ailleurs ?
La réponse est simple : nous ne devrions pas.
Une autre question se pose alors :
Pourquoi ? Pourquoi tolérons nous cela ?
Pourquoi de plus en plus de personnes se tournent elles vers des espaces d’accompagnement imprégnés de discours pseudo-spirituels ou ésotérisés ?
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :
-
Le fonctionnement même de notre système de santé :
De nombreux patients expriment un sentiment de manque d’écoute et de temps dans leur parcours médical. Il ne s’agit pas ici de mettre en cause la compétence ou la bienveillance des professionnels de santé, mais de constater une réalité structurelle : surcharge des hôpitaux, manque de personnel et consultations souvent trop brèves pour accueillir autre chose que le strict symptôme.
Or, lorsqu’une personne va mal, elle ne vient pas seulement avec une pathologie, mais aussi avec des peurs, des angoisses et des questionnements existentiels. Faute d’espace pour déposer cette dimension subjective, certains patients se tournent vers des thérapies dites complémentaires, où ils trouvent du temps, de l’écoute et une présence.
Cette situation est une forme de violence systémique, autant pour les patients que pour le personnel soignant. Elle brutalise les uns comme les autres, et met en lumière la nécessité de repenser le système de soins de manière intégrative. En articulant médecine allopathique et thérapies complémentaires on pourrait garantir une prise en charge globale, éthique et professionnelle des personnes en difficulté.
2.Un manque profond de sens :
Dans une société marquée par la vitesse, la performance et une logique économique souvent brutale, la sensibilité humaine et plus largement celle du vivant est mise à rude épreuve voir totalement bafoué.
La quête de profondeur, de compréhension existentielle et de sens est intrinsèque à l’existence humaine.
Mais s’arrêter à ce constat ne suffit pas. Car au-delà de la quête de sens elle-même le problème ici est celle des réponses qui lui sont proposées.
En réalité, face à ce besoin légitime, de nombreuses personnes finissent par adhérer à un discours spirituel new-âge dominant, omniprésent et largement diffusé, parce qu’il donne l’illusion d’apporter des réponses simples à des questions complexes.
3.Une diffusion massive
Via les réseaux sociaux, internet, les plateformes de contenu, la littérature dite « new-âge » la diffusion ce que l’on peut appeler une pensée dominante spirituelle new-âge c’est installé de manière normative dans l’inconscient collectif.
Or si l’on regarde ça de plus près (et nul besoin d’être un docteur en science des religions et de philosophie pour faire preuve de sens critique !) on s’aperçoit que ce discours est un syncrétisme flou, mêlant sans distinction claire de :
-
Spiritualité
-
Esotérisme,
-
New Age,
-
Spiritisme.
-
Mysticisme
-
Occultisme
À ce mélange s’ajoute aujourd’hui un abus de langage pseudo-scientifique :
-
Quantique
-
Bioénergétique
-
Fréquences
-
Champs vibratoire
-
Programmation cellulaire etc….
Souvent utilisés sans rigueur ni fondement, donnant une illusion de crédibilité supplémentaire.
Lorsque discours spirituel dominant et rhétorique pseudo-scientifique se combinent, la confusion devient totale.
Et sans oublier les promesses de transformation globales en tout genre :
-
Disparitions des blocages
-
Libérations diverses et variés (Karmiques, des mémoire, familiales etc..)
-
Révélation de la mission de vie
-
Déprogrammation cellulaire/Reprogrammation cellulaire
-
Guérison émotionnelle
-
Rééquilibrage énergétique
-
Reconnexion à son âme
-
Etc etc…
Le problème de ce type de promesses, c’est qu’elles s’appuient sur de la rhétorique floue et sur la subjectivité du thérapeute érigé en compétence !
Cela place ainsi le thérapeute dans une posture implicite d’autorité ce qui est totalement contraire à l’éthique dans le soin.
A cela s’ajoute le phénomène d’induction qui fait appel à des mécanismes psychologiques bien connus et documentés (nous en verrons quelques-uns lors du prochain article) peuvent effectivement produire des effets.
Cependant ces résultats sont indissociables du cadre discursif qui les induits et ne peuvent donc pas être confondus avec une compétence thérapeutique.
Dans le soin la question n’est pas seulement « Est-ce que cela fait du bien »
Mais : « à quel prix symbolique, psychique et relationnel ? »
En l’absence de cadre clair l’induction peut générer un soulagement certes mais installer également une dépendance, une confusion des registres et une autorité implicite. Or la protection durable des personnes dans le soin est la vraie question.
En résumé :
Toutes ces combinaisons de paramètres ont donné naissances aux dérives dans l’accompagnement et le soin que nous constatons aujourd’hui.
Il devient alors difficile de distinguer la compétence réelle d’un discours séduisant, parfois très cohérent en apparence, mais dénué de bases solides.
Le problème est donc le discours dominant spirituel new-âge floue et l’absence de cadre clair, qui rendent aujourd’hui le discernement difficile et les dérives possibles.
Neutralité et laïcité : une exigence de respect fondamentale du soin.
La neutralité n’est pas une négation de l’humain, elle est la conséquence logique de la laïcité.
Elle est la garantit et la base du respect profond, de la bienveillance réelle et de l’éthique du soin.
Accueillir une personne dans une véritable neutralité demande un ancrage intérieur solide et un questionnement constant de la part du thérapeute.
Cela implique de ne pas se laisser gouverner par ses croyances. De s’ affranchir de ses jugements et de remettre en question ses certitudes.
Cette neutralité n’est pas une posture froide ou distante.
Elle est une démarche profondément humaine, qui permet d’accueillir l’autre tel qu’il est, et non tel qu’on le projette.
Car projeter sur l’autre un discours thérapeutique empreint de croyance (qui ne fonctionne que pour ceux qui y croient) cesse déjà d’être thérapeutique.
L’éthique comme condition de la liberté réelle de choix
La liberté ne consiste pas à faire ce que l’on veut, quand on veut et sans cadre.
Ça c’est de l’anarchie.
La liberté et le consentement sont des notions subtiles qui obéissent à des mécanismes complexent mais surtout elles sont indissociables.
La liberté réelle de choix dans le cadre des thérapies complémentaire suppose pour la personne qui consulte :
-
La possibilité de poser des questions,
-
La nécessite de recevoir des réponses claires, non intimidantes.
-
Des explications claires et simple de l’accompagnement et/ou du soin proposé
-
Pourquoi, dans quel but
Une compréhension claire de ce qui est proposé dans l’espace thérapeutique est la base d’un choix éclairé pour la personne qui consulte.
Les croyances personnelles du thérapeute comme de la personne accompagnée doivent rester sur le palier du cabinet et ne jamais devenir une variable implicite de l’accompagnement.*
La liberté de choix suppose aussi une conscience de ses propres conditionnements, et l’absence d’influence par un discours normatif ou charismatique.
De la même manière que l’on analyse et compare avant d’acheter une voiture, il est légitime de se poser des questions avant de choisir un thérapeute :
-
Quelle est sa formation ?
-
Son expérience ?
-
Sa pratique est-elle cohérente ?
-
Les soins proposés ont-ils un lien clair entre eux ?
Une carte trop longue dans un restaurant est souvent signe de surgelé.
Dans l’accompagnement, c’est la même chose : la cohérence est une condition essentielle.
Quand le même thérapeute vous propose de la naturopathie, un tirage de tarot et une lecture d’âme il ne s’ajit plus d’un cadre de soin identifiable mais un mélange de registre incompatible.
Cela expose la personne qui consulte à une confusion des repères, à une dépendance accrue à l’autorité du praticien.
Il y a une confusion totale quant à ce qui relève du soin, de la croyance, de la projection et la confusion est un problème majeur ici car elle ne permet pas le sens critique et la liberté de choix.
Responsabilités croisées et cadre éthique
L’éthique implique une responsabilité partagée.
Du côté de la personne accompagnée :
-
Développer son sens critique,
-
Oser questionner,
-
Ne pas se fier (ni se laisser impressionner) uniquement au discours et/ou au charisme.
Du côté du thérapeute :
-
Une formation de base solide et continue,
-
Pouvoir donner des explications compréhensibles et un discours clair sur ce qui est proposé
-
La reconnaissance de ses limites,
-
Une posture laïque, claire et responsable.
Un discours ne légitime jamais une compétence à lui seul.
Ce qui légitime une compétence, ce sont la formation, l’expérience, la cohérence de la pratique et l’éthique.
Conclusion : Clarifier pour protéger
L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Beaucoup de praticiens sont de bonne foi, convaincus de bien faire mais en réalité, ils sont souvent eux-mêmes pris dans le conditionnement de la pensée dominante spirituelle new-âge.
La bienveillance ressentie par la personne qui consulte ne suffit pas à garantir une prise en charge juste.
La situation actuelle est préoccupante voir délirante, les offre de pratiques dites « thérapeutique » spirituelles new-âge polluent littéralement internet et les réseaux sociaux et noient les gens dans un flou total.
Quand la « spiritualité » est érigée en soin et que la subjectivité du praticien devient à elle seule une compétence, cela crée un glissement ou le cadre thérapeutique se dissout au profit d’un pouvoir d’interprétation unilatéral ou plus rien ne peut être discuté, vérifié ou contesté.
Cela constitue le cœur du problème éthique et une source réelle de danger pour la personne qui consulte.
Un autre problème c’est que ces dérives constituent aussi un vivier pour des figures de pouvoir ou de gourou en devenir, il devient urgent de poser une réflexion claire.
Clarifier les cadres éthiques ne ferme pas les esprits.
Cela protège l’humain, la liberté réelle de choix et la qualité de l’accompagnement.
Il est temps d’ouvrir une réflexion pluridisciplinaire sur ces questions, afin d’éviter des dérives parfois dangereuses, et de redonner à l’accompagnement ce qu’il devrait toujours être :
-
Un espace clair, respectueux, sécurisé et profondément humain.
Dans un prochain article, nous aborderons plus précisément la sémantique et la rhétorique dans les milieux du bien-être, de l’accompagnement et du soin, afin de clarifier certains mots et notions comme spiritualité, ésotérisme, new âge, spiritisme et mysticisme.
Nous verrons aussi comment les mots manipulent et peuvent induire des glissements dangereux.
Extrait de l’Essai à paraitre : « Spiritualité et ésotérisme dans le soin Comment si retrouver » par Virginie Doré
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Article décembre 2025:
L’Akash n’est pas un disque dur cosmique
Au commencement était le Verbe :
Depuis les civilisations les plus anciennes, toutes les traditions enseignent que le Verbe est créateur : la parole précède la forme, le son engendre le monde.
On retrouve cette idée dans les Vedas, dans la philosophie grecque, comme dans les grandes traditions spirituelles d’Orient et d’Occident.
Mais avant même de parler de l’Akash, une précision linguistique s’impose.
Le mot « akasha », omniprésent dans les discours ésotériques contemporains, est une construction occidentale fautive.
En sanskrit, la langue ne prononce pas de "a" final : on dit ākāś, comme on dit yog, vat, pit ou kaph, et non yoga, vata, pitta ou kapha.
Cette déformation phonétique n’est pas un simple détail : elle témoigne d’un rapport approximatif à une langue d’une extrême précision, dont chaque son participe au sens.
Dès lors, voir cette langue réduite à des usages incantatoires ou à des promesses ésotériques vaguement spiritualisées pose un problème de fond : comment prétendre transmettre un principe, quand le mot lui-même n’est ni compris ni respecté ?
Les concepts indiens s’enracinent dans le sanskrit, une langue extrêmement ancienne et d’une précision remarquable.
En sanskrit, chaque mot est un concept.
Chaque terme porte une profondeur philosophique, un univers, une manière de penser.
Ces notions vivent dans un corpus cohérent et vaste, millénaire, qui s’étend des Vedas aux Upanishads, des Purāṇa aux traités d’Ayurveda.
De plus cette précision est indissociable de la manière dont les corpus indiens se sont constitués : non par l’autorité d’une révélation individuelle, mais par une accumulation d’observations, de confrontations et de transmissions sur un temps long.
Leur solidité ne tient pas à une figure fondatrice unique, mais à un travail collectif et continu, soumis à l’épreuve de l’expérience et ce sur des milliers d'années.
On ne peut pas extraire un mot-concept de cet ensemble, le tordre et en faire un produit ésotérico-occidental mercantile destiné à gonfler l'égo de certains!
Celui qui tord les mots tord la réalité.
Celui qui respecte le sens des mots honore le monde.
Qu’est-ce que l’Akash ? :
Dans la tradition védique, Ākāś n’est ni un registre, ni une mémoire cosmique.
C’est un principe fondamental de la cosmologie indienne : le cinquième des Panchamahabhuta, les cinq grands éléments.
-
Prithvi (la Terre) : densité, stabilité.
-
Apas (l’Eau) : fluidité, cohésion.
-
Agni (le Feu) : transformation, énergie.
-
Vayu (l’Air) : mouvement, souffle.
-
Ākāś (l’Éther) : espace, résonance, potentialité.
L’Akasha est le champ subtil dans lequel les autres éléments existent.
Il est l’espace du son, de la vibration, de l’apparition des formes.
Sans Akash, aucune propagation, aucune lumière, aucune vie.
Parler de “lecture akashique” n’a donc de sens que lorsque que l’on comprend que l’Akash n’est pas un support d’informations, mais un espace de résonance.
Apparition du concept "d’annales akashiques”
Ou la dérive moderne du mot "Akash"!
Aujourd’hui, le mot Akash a été détourné et vidé de son sens.
Mais cette déformation ne vient pas de l’Inde : elle naît en Occident, dans un contexte historique particulier.
Le XIXᵉ siècle : un Occident en manque de sens:
À la fin du XIXᵉ siècle, l’Occident traverse une crise spirituelle profonde.
Le spiritisme se répand : les tables tournent, les médiums prolifèrent, l’attrait pour l’invisible augmente.
Le besoin de sens est immense, tandis que les repères religieux traditionnels s’effritent.
C'est à ce moment que nait en occident la confusion entre ésotérisme, concept new âge et la spiritualité.
En parallèle, l’Inde est colonisée par les Britanniques.
L’esprit colonial repose sur un mécanisme simple : prendre ce qui ne nous appartient pas, le détourner, se l’approprier, le revendre.
Ce geste concerne les ressources matérielles, mais aussi les idées, les pratiques symboliques et les concepts spirituels.
Les théosophes (mais pas seulement!) : mélange, récupération, réinvention
Des figures occidentales comme Helena Blavatsky, mais aussi d’autres "chercheurs" ésotériques de l’époque (théosophes, occultistes, médiums, clairvoyants) séjournent en Inde.
Ils sont fascinés par certains principes hindouiste dont l'akash, mais ne maîtrisent ni le sanskrit et encore moins les corpus philosophique indien.
Ils en retiennent des fragments, qu’ils réinterprètent selon les besoins spirituels du moment.
L’idée d’une “mémoire cosmique” se forme alors dans ces milieux pluriels :
cercles théosophiques, mouvances occultistes, anthroposophes, clairvoyants spirites, puis New Age au XXᵉ siècle.
Le terme “Akashic Records” apparaît pour la première fois sous la plume du théosophe C. W. Leadbeater en 1899 dans son livre Clairvoyance.
Il s’agit d’une construction occidentale, née d’un mélange de spiritisme, d’occultisme et d’une fascination coloniale pour l’Orient
Et l’Inde dans tout cela ?
Les corpus indiens (Vedas, Upanishads, Yoga Sūtra, Purāṇa, traités d’Ayurveda etc..) ne décrivent nulle part une bibliothèque cosmique, ni un registre universel accessible par lecture.
Le seul concept évoquant une mémoire intérieure est citta.
Dans la philosophie indienne, citta désigne la psyché individuelle dans toute sa profondeur : le réservoir subtil où s’impriment :
-
les impressions mentales (saṃskāra),
-
les mémoires conscientes et inconscientes,
-
les traces émotionnelles,
-
les habitudes psychiques,
-
les tendances latentes (vāsanā),
-
l’ensemble des conditionnements qui structurent l’être.
Seul l’individu lui-même peut accéder à ce réservoir profond.
S’il y a un travail à accomplir (transformation, purification, maturation ) il se fait de l’intérieur : par la conscience, l’effort personnel, la maîtrise du mental.
Il ne peut pas être réalisé de l’extérieur, par un tiers prétendant lire ou modifier la psyché à sa place.
Rien à voir avec un disque dur cosmique.
Un double problème
-
Le concept "d’annales akashiques” est une invention occidentale, fruit d’une évolution historique impliquant théosophes, occultistes, clairvoyants, médiums et mouvements New Age.
-
Un mot-concept sanskrit d’une profondeur métaphysique immense a été détourné, sorti de son système, transformé en un produit spirituel marchand.
C’est une appropriation culturelle et un manque de respect pour une tradition philosophique d’une richesse exceptionnelle.
Le vrai danger : la dépendance et la perte de souveraineté
Lorsque quelqu’un affirme pouvoir :
• lire votre âme,
• accéder à vos “archives”,
• connaître votre “mission”,
• révéler votre chemin intérieur etc..
il se place immédiatement dans une position dite "implicite d'autorité" puisqu'il "possède" des facultés que vous n'avez pas, qu'il a aussi accès à des dimensions et des mondes subtils auxquels vous n'avez pas accès non plus!!
Sauf moyennant finance bien sur (environ 100 euros, voir un plus, la séance) et vous repartez avec un rapport pdf!
Le pire dans tout ca, c'est que les "thérapeutes" qui proposent ce genre de pratiques
Le problème (on peut dire les problèmes) c'est que
-
Toutes les affirmations du thérapeute sont subjectives donc parfaitement invérifiables
-
On deviens dépendant d’une autorité extérieure.
-
On perds son discernement car le flou est totale
-
On perd sa souveraineté intérieur
-
On érige ce qui relève de la médiumnité en soin et en compétence!
Et les Upanishad avertissent :
« Le Soi doit être atteint par soi-même.
Personne ne peut marcher à la place de celui qui cherche. »
Muṇḍaka Upanishad III.1.3
La spiritualité commence exactement là où cette posture d’autorité s’arrête.
Conclusion : retrouver la responsabilité spirituelle
Chacun est libre de croire ce qu’il veut.
Cet article ne dicte aucune croyance : il cherche à restaurer la clarté là où la confusion s’est installée.
Dans la tradition indienne, qui éclaire le monde depuis plus de deux mille ans, depuis les Upanishads, le védas, le Bouddha il n’existe ni bibliothèque "akashique", ni lecture "akashiques, ni lecture d’âme".
Si de telles pratiques existaient, les plus grands philosophes et sages comme Platon, Socrate, Shankara, Bergson, Rumi, Spinoza et bien d'autres n’auraient pas passé leur vie à chercher, méditer, douter et à se questionner sur ce sujet.
Ils auraient simplement consulté un praticien contemporain pour qu’on leur “lise” leur destinée
Soyons un peu sérieux, l'âme et la conscience sont des chantiers philosophique pas des substances à "lire"!
La véritable quête spirituelle repose sur la responsabilité personnelle.
Le chemin intérieur ne se délègue pas.
Il exige conscience, discernement, effort, maturité.
L’Akash est un concept profond et subtil.
Ce n’est ni une bibliothèque, ni un fichier, ni un service.
L' Akash c'est ce qui permet l'apparition, c'est le champ de manifestation, c'est là où naît la vibration, là où naît le monde.
Une profondeur qui mérite d’être respectée.
Pour conclure, qu’on adhère ou non à la vision hindoue de l’existence ou à ses cadres spirituels, la question n’est pas celle d’y croire ou de ne pas y croire.
Le concept d’Ākāś est issu d’une tradition ancienne, structurée, exigeante, portée par une langue et une pensée d’une extrême précision. Le minimum requis n’est pas l’adhésion, mais le respect de sa substance, de sa profondeur et de son inscription culturelle.
Extrait de l'essai à paraitre:
"Spiritualité et ésotérisme dans le soin: Comment s'y reconnaitre" par Virginie Doré
Conférence : Spiritualité et ésotérisme dans le soin, comment s’y retrouver ?
Cette conférence, à paraître en juin 2026, est le fruit d’une réflexion collective entre professionnels de santé et thérapeutes issus de différentes pratiques du soin.
Elle naît d’un constat simple mais préoccupant : aujourd’hui, on observe une multiplication de dérives dans le champ dit “thérapeutique”, où se mêlent sans discernement concepts spirituels, ésotérisme et discours “new age”.
Ces dérives, souvent drapées dans un vernis de bienveillance et de vocabulaire lumineux, sont d’autant plus alarmantes qu’elles touchent un public souvent en état de fragilité, en quête d’écoute, de sens ou de guérison.
Face à cette confusion croissante, il devient urgent de redonner des repères clairs à la fois pour les patients, afin qu’ils puissent faire des choix éclairés, et pour les thérapeutes sérieux, qui s’efforcent de se former et de travailler avec rigueur et intégrité.
La conférence proposera une mise en lumière des dérives sémantiques et symboliques (abus de langage, amalgames entre soin et croyance, absence de formation réelle ou de cadre déontologique).
Elle explorera aussi comment le flou entre spiritualité, ésotérisme et pratique thérapeutique crée un terrain fertile pour des figures d’autorité implicite des “gourous modernes”, souvent charismatiques, qui exercent leur influence dans l’intimité du cabinet, et non plus dans un groupe.
Cette nouvelle forme de pouvoir psychique, plus subtile et insidieuse, rend la manipulation émotionnelle d’autant plus dangereuse.
Il est également temps de s’interroger sur le contenu réel et la qualité des formations proposées.
De nombreuses “écoles” délivrent aujourd’hui des formations au contenu plus que douteux.
Mais au-delà du contenu, c’est aussi la forme qui interroge, car certaines formations affichent des tarifs élevés pour un enseignement discutable, tandis que d’autres promettent, à l’inverse, des certifications en ligne à 69 € ou des diplômes express de sophrologie ou de massage en quelques semaines à peine, voire en quelques jours et ce ne sont là que quelques exemples..
Ces offres brouillent les repères, dévalorisent des disciplines sérieuses et entretiennent l’idée qu’on peut “devenir thérapeute” en quelques jours.
Ce marché du merveilleux et du tout-accessible nourrit la confusion, alimente des illusions et fragilise encore davantage ceux qui cherchent de l’aide.
Le problème n’est pas qu’un individu choisisse de consulter une médium ou de faire un tirage de tarot, chacun est libre de chercher du sens comme il l’entend.
Le véritable danger commence quand ces pratiques sont présentées comme des soins thérapeutiques, ou mêlées à des approches reconnues comme la sophrologie, la psychologie, les massages etc.
Lorsqu’un praticien propose (par exemple) dans le même cabinet de la sophrologie, une lecture akashique et un tirage de tarot, on quitte le cadre du soin pour entrer dans une confusion totale des registres.
Et c’est précisément dans cette confusion que les repères se brouillent et que la confiance du patient devient manipulable.
Nous vivons dans un pays laïc, c’est-à-dire qui reconnaît à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, tout en séparant la croyance du cadre public et de l’exercice professionnel.
Appliquer ce principe au champ du soin, c’est rappeler une évidence : la croyance n’a pas sa place dans la relation thérapeutique, qui doit rester un espace de responsabilité, de clarté et de sécurité.
La croyance relève de la sphère privée!
L’enjeu de cette conférence n’est donc pas d’opposer science et spiritualité, ni de nier la subtilité du vivant.
Il ne s’agit pas de trancher entre “croire” ou “ne pas croire”, mais de remettre de la clarté et du discernement :
-
distinguer la recherche sincère du sens des promesses illusoires,
-
aider les patients à y voir plus clair et à faire des choix éclairés,
-
reconnaître et soutenir les thérapeutes formés, investis et sérieux, qui travaillent depuis des années à perfectionner leur pratique.
Parce que le soin, dans sa dimension la plus profonde, ne s’improvise pas :
il demande formation, humilité, discernement et responsabilité, loin des illusions et des mirages du charisme.
Cette conférence sera suivie de la parution de l’essai:
« Spiritualité et ésotérisme dans le soin, comment s’y retrouver ? » Conférence et essai écrit par Virginie Doré.